Kenscoff : après la reconquête, l’inquiétude grandit autour de la sécurisation des zones libérées

Les opérations menées ces derniers jours par la Police nationale d’Haïti (PNH) à Kenscoff ont permis aux forces de l’ordre de reprendre du terrain face aux groupes armés. Mais alors que les policiers poursuivent leur offensive, une nouvelle préoccupation émerge : comment empêcher les groupes criminels de reprendre les espaces dont ils ont été chassés ?

Port-au-Prince, 21 septembre 2026.

Selon des informations recueillies par notre rédaction auprès de sources proches de la situation, les Forces armées d’Haïti (FAd’H) auraient dû être mobilisées pour accompagner la phase de consolidation des secteurs repris par la PNH.

L’objectif d’un tel dispositif serait notamment de maintenir une présence sécuritaire dans les zones reconquises, de protéger les populations civiles et de prévenir toute tentative de retour des groupes armés.

Pour l’heure, cette présence attendue ne serait toutefois pas encore pleinement effective, toujours selon ces sources.

La reconquête ne représente qu’une première étape

À Kenscoff, les habitants ont été durement affectés par l’emprise des groupes armés. La reprise de certaines zones par les forces de sécurité constitue donc un développement important pour les populations concernées.

Mais dans un environnement marqué par la mobilité des groupes criminels, la reprise d’un territoire peut rester fragile si elle n’est pas suivie d’une occupation sécuritaire permanente.

C’est précisément cette phase qui suscite aujourd’hui des interrogations.

Une fois les unités engagées dans les opérations offensives déplacées vers d’autres secteurs, les espaces récemment récupérés doivent pouvoir bénéficier d’un dispositif capable de prévenir une nouvelle infiltration des groupes armés.

Où en est la mobilisation des forces armées ?

Les informations transmises à notre rédaction soulèvent une interrogation particulière concernant le rôle des FAd’H dans cette phase de consolidation.

Selon les mêmes sources, l’armée aurait été appelée à renforcer le dispositif sécuritaire après les opérations de la PNH. Cependant, aucune explication officielle détaillée du haut commandement militaire ne permet, pour le moment, de confirmer les raisons d’une éventuelle absence ou d’un retard dans ce déploiement.

Cette situation alimente les interrogations alors que les habitants de Kenscoff demeurent exposés aux conséquences des violences armées.

Il appartient désormais aux autorités compétentes de préciser le dispositif retenu pour sécuriser les zones reprises et empêcher toute nouvelle offensive des groupes criminels.

Une coordination indispensable

La question dépasse le seul cadre de Kenscoff. Elle renvoie plus largement à la stratégie nationale de lutte contre les groupes armés.

La PNH et les FAd’H disposent de missions différentes au sein de l’appareil sécuritaire national. Dans le contexte actuel, une coordination efficace entre les différentes composantes des forces de sécurité apparaît déterminante pour éviter que les opérations de reconquête ne restent sans lendemain.

Pour la population, l’essentiel demeure pourtant très concret : retrouver la liberté de circulation, retourner dans les quartiers abandonnés, reprendre les activités économiques et vivre sans craindre une nouvelle offensive des groupes armés.

Le défi : empêcher le retour des groupes armés

La véritable épreuve commence donc après la reprise d’un territoire.

Si les forces de l’État parviennent à chasser les groupes armés mais ne disposent pas des moyens nécessaires pour maintenir leur présence, les populations risquent de rester exposées à un éventuel retour des criminels.

À Kenscoff, la consolidation des positions récupérées apparaît ainsi comme une étape aussi importante que l’offensive elle-même.

La question qui se pose désormais aux autorités est simple : quelle stratégie sera mise en place pour transformer les avancées militaires et policières en un contrôle durable du territoire ?

Une réponse claire des responsables de la sécurité nationale est attendue, notamment sur le rôle des FAd’H dans cette nouvelle phase des opérations.

Jean Gilles Désinord

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