Port-au-Prince, 16 octobre 2026. — En déplacement à Washington, le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé a mis en cause le Conseil électoral provisoire (CEP), qu’il accuse de ne pas être à la hauteur de sa mission. Selon lui, les défaillances de l’institution compliqueraient l’organisation des élections en Haïti cette année, alors qu’aucune nouvelle date n’a encore été annoncée pour le scrutin.

Lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), le chef du gouvernement aurait attribué au CEP la responsabilité des retards enregistrés dans le processus électoral. Ces déclarations, rapportées par Radio Télé Métronome dans la rubrique La Marginale de Jean Corvington, interviennent dans un contexte marqué par les incertitudes entourant le calendrier électoral et la persistance de l’insécurité.
Pourtant, les difficultés du processus ne se limitent pas au fonctionnement de l’organe électoral. La dégradation de la situation sécuritaire demeure un obstacle majeur à la tenue des élections, alors que les autorités consacrent plus de 100 millions de dollars à la sécurité, sans résultats probants, selon les informations rapportées par la station.
D’après une source citée par Radio Télé Métronome, le secrétaire général de l’OEA aurait également rappelé à Alix Didier Fils-Aimé que les personnalités sanctionnées par les États-Unis, le Canada et l’Union européenne devraient être écartées de la course électorale.
Interrogé sur la participation de ces personnalités au processus, le Premier ministre aurait expliqué avoir élargi les possibilités de participation sous la pression des acteurs concernés. Ceux-ci chercheraient, selon ses propos rapportés, à « chambarder la situation ».
Ces révélations soulèvent des interrogations sur les choix politiques du gouvernement, notamment sur sa gestion des acteurs sanctionnés et sa capacité à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles. Si le CEP est chargé de l’organisation du scrutin, les responsabilités liées à la sécurité et aux décisions politiques relèvent également des autorités gouvernementales.
Francesca Laury
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