Port-au-Prince, 5 novembre 2026. La Fondation Je Klere (FJKL) hausse le ton face à la persistance de la violence des gangs armés en Haïti. Dans un rapport transmis à notre redaction, l’organisation appelle les Nations unies à transformer la démarche du chef de gang Lanmò San Jou auprès du secrétaire général de l’ONU en une occasion de remettre au premier plan la lutte contre l’impunité et la responsabilité des groupes armés. Elle plaide également pour un renforcement de la coopération militaire entre Haïti et le Salvador.

Pour la FJKL, les revendications formulées par les chefs de gangs ne doivent en aucun cas occulter les crimes et les souffrances imposés à la population haïtienne. L’organisation invite notamment le Comité contre le terrorisme des Nations unies à examiner cette démarche sous l’angle de la lutte contre l’impunité, plutôt que de laisser les groupes armés détourner l’attention des violences dont ils sont accusés.
La fondation revient également sur les réactions des groupes armés à la suite des déclarations du président salvadorien, Nayib Bukele, concernant une éventuelle intervention de ses troupes en Haïti, dans le contexte de la disparition de quatre militaires salvadoriens. Elle estime que ces réactions révèlent les limites de la stratégie sécuritaire actuellement déployée par les autorités haïtiennes.
Dans son analyse, la FJKL met particulièrement en cause la gestion des fonds publics destinés à la sécurité. Elle dénonce les sommes considérables versées depuis plus de 22 mois à une compagnie privée de sécurité, alors que les gangs poursuivent leur progression territoriale et continuent de terroriser des milliers de citoyens.
L’organisation ne ménage pas non plus les missions internationales présentes sur le territoire haïtien. Elle estime que leur efficacité doit être évaluée à partir de résultats concrets, notamment leur capacité à neutraliser la menace des groupes armés et à garantir la sécurité de la population.
Face à cette situation, la FJKL sollicite l’intervention du secrétaire général de l’ONU afin de consolider le cadre de coopération militaire entre Haïti et le Salvador. Pour la fondation, une collaboration renforcée pourrait contribuer à intensifier les opérations contre les gangs et à mettre un terme à l’impunité qui caractérise la crise sécuritaire.
« Les bandits ont fait trop de mal à la population. Ils ne peuvent pas se présenter aujourd’hui comme des saints », martèle l’organisation dans son rapport.
À travers cette prise de position, la Fondation Je Klere remet en question les choix stratégiques des autorités haïtiennes et l’efficacité de l’accompagnement international. Elle défend une réponse sécuritaire davantage orientée vers des résultats mesurables, la protection des citoyens et la poursuite des responsables présumés de crimes.
Au-delà des appels au dialogue, la FJKL pose ainsi la question de la responsabilité des autorités nationales et des partenaires internationaux dans la recherche d’une réponse durable à la crise. Pour l’organisation, aucune initiative ne saurait faire oublier les souffrances des victimes ni écarter l’exigence de justice.
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