Décodage Info, 8 mars 2026-
Face à la controverse entourant un financement accordé par l’État haïtien, l’Université Quisqueya (UNIQ) a publié, le 8 mars 2026, une note publique afin de clarifier les conditions dans lesquelles cet appui financier lui aurait été octroyé. Mais cette mise au point, censée rassurer l’opinion, intervient dans un climat de méfiance croissante autour de l’utilisation des ressources publiques.

Dans ce document, l’institution affirme avoir sollicité un soutien financier auprès de l’État depuis décembre 2022 afin de faire face à de graves difficultés économiques. Elle précise que cet appui aurait été accordé dans le cadre d’un protocole signé le 20 mai 2025 avec le ministère de l’Économie et des Finances, avant d’être inscrit dans un budget rectificatif.
L’université insiste également sur son statut d’institution privée à but non lucratif et sur son rôle dans la formation de cadres et la promotion de la recherche scientifique. Selon ses responsables, malgré son autonomie administrative, l’établissement contribue à une mission d’intérêt public dans le domaine de l’enseignement supérieur.

Cependant, ces explications n’ont pas suffi à calmer les critiques. Plusieurs observateurs estiment que le débat dépasse la simple question administrative et soulève un problème plus large de priorités nationales.
Dans un contexte marqué par une crise sécuritaire, économique et sociale profonde, l’utilisation de fonds publics pour soutenir une université privée continue d’alimenter les interrogations.
Dans sa note, l’UNIQ évoque une chute importante de ses ressources.

L’institution affirme que ses effectifs étudiants seraient passés de plus de 3 500 à environ 850 en quelques années, tandis que les revenus issus des frais de scolarité auraient chuté d’environ 4,3 millions de dollars américains à moins de 600 000 dollars. Une situation que l’université attribue notamment à l’insécurité et aux déplacements de population dans plusieurs quartiers de la capitale.
Mais pour de nombreux citoyens, ces difficultés ne suffisent pas à justifier l’intervention financière de l’État. Alors que les universités publiques manquent de moyens et que plusieurs secteurs essentiels demeurent sous-financés, cette décision continue d’alimenter le débat sur la transparence et la gestion des fonds publics.
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