Décodage Info 2 avril 2026 – Quatre jours ont été nécessaires au Premier ministre intérimaire, Alix Didier Fils-Aimé, pour réagir à l’un des massacres les plus brutaux survenus récemment en Haïti.

À Jean-Denis, environ 70 personnes ont été tuées, une cinquantaine blessées, et des centaines de maisons réduites en cendres. Pendant que les survivants tentaient de reconstruire leur quotidien, l’État semblait encore chercher ses mots.
La réponse officielle, lorsqu’elle est finalement venue, s’est limitée à des formules de sympathie et à l’annonce d’un Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN).
Aucune mesure concrète n’a été proposée pour l’Artibonite, un département devenu l’un des épicentres de la violence armée, où le groupe « baz Gran Grif » multiplie pillages, assassinats et incendies.
Ce décalage entre gravité des faits et légèreté de la réaction gouvernementale soulève de sérieuses interrogations.
Gouverner, ce n’est pas seulement exprimer des condoléances : c’est protéger, anticiper et agir rapidement. Or dans ce cas, tout indique que les autorités sont dépassées et déconnectées de la réalité du terrain.
À force de réagir tard et de manière insuffisante, le pouvoir banalise l’horreur, transformant les vies humaines en simples statistiques. La tragédie de Jean-Denis illustre l’incapacité de l’État haïtien à protéger ses citoyens face à une violence armée qui continue de croître.
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