Décodage Info, 4 avril 2026 — Le gouvernement haïtien vient d’annoncer la distribution de 10 000 kits alimentaires dans le département du Sud à l’occasion des fêtes de Pâques, à travers le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES).

Présentée comme une action en faveur des populations vulnérables, cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’urgence multisectoriel. Cependant, derrière cette annonce, la réalité apparaît bien plus brutale. En effet, le gouvernement multiplie les gestes symboliques tandis qu’il impose à la population des décisions économiques écrasantes, sans le moindre accompagnement social.
D’une part, les autorités distribuent quelques kits alimentaires sous les projecteurs. D’autre part, elles augmentent le prix du carburant, une mesure aux conséquences immédiates et dévastatrices sur le coût de la vie. Ainsi, le transport, la nourriture et les produits de première nécessité connaissent une hausse en cascade.
Pourtant, aucun mécanisme sérieux de compensation n’est mis en place, ni aucune politique sociale structurée pour protéger les plus pauvres.
De surcroît, le contraste devient choquant lorsque l’on constate que le prix d’un galon de gaz dépasse désormais le salaire minimum journalier de nombreux travailleurs haïtiens.
Par conséquent, un citoyen doit travailler toute une journée, voire davantage, simplement pour se procurer du carburant. Une telle situation illustre clairement le décalage entre les décisions gouvernementales et la réalité vécue par la population.
Par ailleurs, le gouvernement met en avant ces distributions alimentaires comme s’il s’agissait d’une réponse suffisante à la crise. Or, 10 000 kits pour un département entier, dans un pays où l’insécurité alimentaire touche des millions de personnes, cela relève davantage de la mise en scène que d’une véritable politique publique.
Autrement dit, on soigne l’image sans traiter le problème en profondeur.
En outre, l’échec sur le plan sécuritaire vient aggraver davantage la situation. L’État se montre incapable de garantir la sécurité des citoyens, laissant des zones entières sous le contrôle de groupes armés. Dès lors, les déplacements internes se multiplient, les activités économiques sont paralysées et la peur s’installe durablement.
En définitive, cette opération de distribution apparaît comme un écran de fumée. Elle tente de masquer une gouvernance marquée par des décisions impopulaires, une absence de vision sociale et une incapacité persistante à répondre aux défis majeurs du pays. Ainsi, le peuple haïtien ne se nourrit pas de communication, mais attend des actions concrètes, cohérentes et durables.
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