La violence armée continue de redessiner la carte humaine d’Haïti, au rythme des déplacements forcés et de la peur qui s’installe durablement. Dans le Sud-Est, les affrontements entre groupes armés à Séguin ont provoqué une nouvelle vague de fuite, révélant une fois de plus l’incapacité des autorités à contenir l’expansion des gangs.

Selon la Direction de la protection civile du département, environ 4 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leur localité pour échapper aux violences. Mais au-delà des chiffres, c’est une population livrée à elle-même qui tente de survivre, souvent sans assistance ni perspective de retour. Cette situation alimente une colère grandissante, alors que les habitants dénoncent ouvertement l’inaction de l’État face à la détérioration rapide de la sécurité.
Décodage Info, 18 avril 2026– À l’échelle nationale, le constat est encore plus alarmant. Plus de 1,5 million de personnes ont déjà été déplacées par l’insécurité, transformant des milliers de familles en réfugiés internes. Malgré les promesses répétées du Premier ministre intérimaire de rétablir l’ordre, dix-sept mois plus tard, aucun changement significatif n’est perceptible sur le terrain. L’écart entre les discours officiels et la réalité quotidienne devient de plus en plus difficile à ignorer.
Pendant ce temps, la crise franchit un nouveau seuil. Ceux qui, autrefois, avaient fui la capitale pour se réfugier en province dans l’espoir de trouver un semblant de sécurité, se retrouvent aujourd’hui rattrapés par la même violence. Si même ces zones deviennent à leur tour des foyers d’insécurité, une question s’impose avec gravité : où iront-ils se réfugier maintenant, lorsque plus aucun territoire ne semble épargné ?
Djefferson Leurbours
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