Une nouvelle vague d’affrontements entre groupes armés a frappé la zone métropolitaine de Port-au-Prince entre le 9 et le 14 mai 2026, faisant au moins 78 morts et de nombreux blessés, selon un bilan communiqué par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), une mission de l’Organisation des Nations unies.

Les violences ont principalement touché les communes de Cité-Soleil et de Croix-des-Bouquets, deux secteurs déjà régulièrement secoués par des combats entre gangs rivaux. Parmi les victimes figurent des membres de groupes armés mais aussi au moins dix civils, dont des femmes et une adolescente.
Selon les données de l’Organisation des Nations unies, la situation sécuritaire s’est fortement détériorée dans ces zones depuis plusieurs mois.
Entre le 5 mars et le 11 mai 2026, plus de 300 personnes ont été tuées et plusieurs centaines d’autres blessées dans ces mêmes communes. Les récents affrontements ont également provoqué de nouveaux déplacements de population, avec environ 5 300 personnes contraintes de fuir leurs quartiers.
Les organisations humanitaires signalent une situation critique sur le terrain. Des familles restent bloquées dans les zones de combat, tandis que plusieurs structures médicales ont dû interrompre leurs activités.
Un centre hospitalier et une structure de l’Médecins Sans Frontières ont notamment été évacués après avoir accueilli des dizaines de blessés par balles en très peu de temps.
Cette escalade de violence intervient dans un contexte où la capitale haïtienne reste largement sous l’influence de groupes armés responsables d’enlèvements, d’attaques et d’exactions répétées contre la population civile.
Face à cette crise, une nouvelle force internationale de sécurité est progressivement déployée pour remplacer une mission précédente jugée insuffisante. Un contingent de soldats tchadiens a déjà été envoyé sur place, tandis que la nouvelle structure militaire attend encore des renforts. Son commandement a été confié au général mongol Erdenebat Batsuuri, récemment arrivé dans le pays.
Alors que la violence continue de s’étendre, les autorités internationales et humanitaires appellent à renforcer d’urgence la protection des civils et l’accès à l’aide humanitaire dans les zones les plus touchées de la capitale haïtienne.
Moïse François
Décodage Info
Avec AFP







