L’arrivée du professeur Vijonet Déméro à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle avait nourri de grands espoirs au sein du secteur éducatif haïtien. Considéré comme un universitaire expérimenté, le titulaire du MENFP était attendu sur des réformes capables de répondre aux nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants et les établissements scolaires du pays.

Port-au-Prince, 24 mai 2026
Plusieurs mois après son installation, le REDRESEH affiche toutefois une profonde déception face à la gestion du ministère. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation syndicale estime qu’aucune avancée significative n’a été réalisée concernant les principales revendications des enseignants.
Selon le regroupement, la crise éducative continue de s’intensifier dans un climat marqué par l’incertitude, le découragement et l’absence de réformes structurelles capables d’améliorer durablement le système éducatif national.
Le REDRESEH appelle également les autorités compétentes à faire toute la lumière sur plusieurs accusations visant l’administration du ministère. L’organisation évoque notamment des soupçons de mauvaise gestion, de népotisme, de corruption ainsi que de détournement de fonds publics au sein du MENFP.
Le regroupement est aussi revenu sur la célébration de la fête des enseignants, organisée le 17 mai dernier. Présentée comme une journée de reconnaissance envers les éducateurs, cette commémoration aurait plutôt suscité frustration et colère chez de nombreux enseignants, affirme l’organisation. Plusieurs professeurs exerceraient depuis des années sans nomination officielle, sans salaire régulier et sans véritable stabilité professionnelle.
Le REDRESEH rappelle que des promesses de régularisation avaient pourtant été annoncées publiquement par le ministre Vijonet Déméro, notamment à travers la distribution annoncée de lettres de nomination. Cependant, aucune mesure concrète n’a encore été mise en œuvre, ni par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ni par les responsables du MENFP.
Pour l’organisation, cette absence de décisions traduit un abandon des enseignants, alors que ces derniers évoluent dans des conditions particulièrement difficiles, dans un pays confronté à l’insécurité et à une grave précarité économique. Malgré leur rôle essentiel dans la formation des jeunes générations, de nombreux éducateurs continuent d’enseigner sans statut clairement défini.
Le REDRESEH critique également le silence de plusieurs syndicats et plateformes du secteur éducatif, accusés de ne pas défendre avec suffisamment de fermeté les intérêts des enseignants confrontés à cette situation.
En conclusion, l’organisation affirme vouloir poursuivre sa mobilisation afin d’obtenir satisfaction pour les revendications des personnels éducatifs et appelle les autorités haïtiennes à assumer pleinement leurs responsabilités envers les enseignants du pays.
Jean Gilles Désinord
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