Plusieurs semaines après le drame survenu à la Citadelle lors des festivités de la Semaine sainte, le 11 avril dernier, qui a entraîné la mort de plus de trente personnes, l’ancien directeur général du Ministère de la Culture, Jean Garry Denis, revient sur les circonstances ayant précédé l’événement.

Décodage Info, le 30 mai 2026
Selon lui, cette catastrophe révèle de profondes lacunes dans l’administration et la protection du patrimoine national.
D’après l’ex-responsable culturel, la Citadelle faisait face depuis longtemps à des difficultés structurelles importantes. Il soutient que les ressources disponibles pour assurer le bon fonctionnement du site étaient largement insuffisantes et que les décisions stratégiques étaient concentrées au niveau central, limitant ainsi la capacité des gestionnaires locaux à répondre efficacement aux besoins du monument.
Jean Garry Denis affirme également que l’accueil des visiteurs n’était pas encadré par des mécanismes adaptés à l’ampleur de l’affluence observée durant les grandes périodes de fréquentation. Il estime que les dispositifs de surveillance et de sécurité étaient inadéquats et que plusieurs préoccupations exprimées par les responsables sur place n’ont pas été suivies d’actions concrètes.
Il cite notamment les recommandations formulées après le vol de pièces historiques du site, qui seraient restées sans suite.
Pour l’ancien directeur, cette tragédie met en évidence les insuffisances de la politique de conservation des biens patrimoniaux du pays. Il souligne que divers projets destinés à renforcer la protection et la restauration de monuments historiques, dont le Fort Saint-Joseph, n’auraient jamais été menés à terme malgré les signaux d’alerte et les besoins identifiés depuis plusieurs années.
S’exprimant également sur la période ayant suivi le drame, Jean Garry Denis juge contestables certaines décisions administratives prises à l’encontre de responsables régionaux. À ses yeux, la priorité devrait être d’établir clairement les responsabilités à tous les niveaux.
Il appelle ainsi à une réforme en profondeur de la gestion du patrimoine national afin d’assurer la sécurité des sites historiques et de préserver un héritage essentiel à la mémoire collective haïtienne.
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