Port-au-Prince, 23 juin 2026 — La crise qui secoue actuellement les signataires du Pacte National semble désormais mettre en évidence de profondes divisions entre anciens alliés politiques. Alors qu’une partie des signataires a annoncé sa rupture avec le pouvoir de transition et sa décision de se constituer en « Opposition Démocratique, Républicaine et Progressiste », d’autres acteurs maintiennent leur soutien au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

C’est notamment le cas de Me Caleb Jean-Baptiste, président du Bloc majoritaire des signataires du Pacte, qui a publiquement pris position en faveur du chef du gouvernement lors d’une intervention devant la presse.
L’avocat n’a pas caché son admiration pour la gestion du Premier ministre, affirmant que ce dernier travaille sans relâche afin de répondre aux défis auxquels le pays est confronté. Selon lui, Alix Didier Fils-Aimé consacre tous ses efforts à la recherche de solutions susceptibles de ramener la stabilité dans un contexte marqué par une profonde crise sécuritaire et institutionnelle.
Au cours de son intervention, Me Caleb Jean-Baptiste a également formulé de graves accusations à l’encontre de certains acteurs politiques. Il affirme avoir été approché à plusieurs reprises par des individus lui proposant, selon ses déclarations, des postes ministériels ainsi que d’importantes sommes d’argent afin qu’il abandonne le Pacte National.
Le président du Bloc majoritaire estime également que certains acteurs qui prennent aujourd’hui leurs distances avec la structure seraient davantage motivés par des frustrations liées à des intérêts personnels que par une réelle volonté de défendre les intérêts du pays. Des affirmations qui, jusqu’à présent, n’ont toutefois été accompagnées d’aucune preuve publique.
Revenant sur les débats autour de la durée de la mission du Premier ministre, Me Caleb Jean-Baptiste a rejeté les informations évoquant une limite de 90 ou 120 jours. Selon lui, le Pacte n’a jamais fixé de calendrier précis, mais a plutôt confié au chef du gouvernement une mission centrée sur le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections.
« Nous n’avons pas donné une date au Premier ministre, nous lui avons donné une mission », a-t-il déclaré, précisant que l’objectif demeure de permettre au pays de retrouver des conditions favorables à la tenue d’élections et à la remise du pouvoir à des dirigeants élus.
Cette nouvelle fracture au sein des signataires du Pacte National révèle davantage les tensions qui traversent actuellement la transition politique haïtienne. Entre accusations, repositionnements politiques et déclarations contradictoires, ces divisions alimentent les interrogations sur les véritables priorités des acteurs engagés dans ce processus. Pendant ce temps, une grande partie de la population continue d’attendre des réponses concrètes face à l’insécurité, à l’instabilité institutionnelle et aux défis socio-économiques qui touchent le pays.
Junior Garçon
Decodage INFO







