Port-au-Prince, 5 octobre 2026. — La Journée mondiale des enseignants est célébrée ce lundi 5 octobre. À cette occasion, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) appelle à mieux reconnaître, soutenir et valoriser la profession enseignante.

De nouvelles données de l’UNESCO montrent que, dans deux pays sur cinq analysés, les enseignants gagnent moins que d’autres professionnels ayant un niveau de qualification comparable. Selon l’organisation, ces écarts contribuent aux difficultés de recrutement et aux départs de la profession.
À l’échelle mondiale, 50 millions d’enseignants supplémentaires seront nécessaires pour assurer une éducation préscolaire, primaire et secondaire universelle d’ici 2030. L’UNESCO estime que 58 % de ces besoins sont liés aux départs de la profession. Le recrutement ne suffit donc pas : les conditions permettant aux enseignants de rester dans le métier doivent également être améliorées.
En Haïti, des difficultés qui dépassent la question salariale
En Haïti, la situation des enseignants reste marquée par plusieurs difficultés. Des consultations nationales sur la transformation de l’éducation, menées avec l’appui de l’UNESCO, ont notamment relevé les faibles rémunérations face à l’inflation, le manque de matériels scolaires, l’insuffisance de la protection sociale et l’absence d’un véritable plan de carrière pour une partie du personnel enseignant.
Les disparités salariales et les difficultés liées à la nomination des enseignants figurent également parmi les problèmes relevés dans le système éducatif haïtien.
À ces difficultés s’ajoute l’insécurité. La fermeture ou le déplacement d’établissements scolaires dans plusieurs zones affectées par les violences perturbe la scolarité des élèves et le travail des enseignants.
En février 2026, l’UNESCO indiquait que 163 000 élèves et 4 529 enseignants étaient directement touchés dans deux départements particulièrement exposés aux risques sécuritaires.
Les difficultés économiques constituent également un facteur de fragilisation de la profession. Des consultations appuyées par l’UNESCO ont relevé que certains enseignants exercent des activités parallèles afin de compléter leurs revenus, ce qui peut favoriser leur départ de la profession.
Soixante ans après la recommandation OIT-UNESCO
La Journée mondiale des enseignants de 2026 marque également le 60e anniversaire de la Recommandation de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant, adoptée en 1966.
Ce texte définit plusieurs conditions nécessaires à la reconnaissance des enseignants comme des professionnels à part entière, notamment en matière de rémunération, de conditions de travail, de protection sociale et de formation.
En Haïti, ces difficultés se conjuguent avec les effets de l’insécurité, les contraintes économiques et les interruptions de la scolarité dans plusieurs régions. La question des conditions de travail, de la rémunération et du maintien des enseignants demeure ainsi l’un des principaux enjeux pour assurer la continuité et la qualité de l’éducation dans le pays.
Moïse François
Décodage Info







