La situation sécuritaire évolue dans plusieurs quartiers de la commune de Kenscoff, où la Police nationale d’Haïti (PNH), appuyée par la Task Force, mène depuis plusieurs semaines des opérations visant les groupes armés. D’après des informations recueillies auprès de sources locales, plusieurs secteurs auraient été repris par les forces de sécurité.

Kenscoff, 7 octobre 2026
Godet, Depansè, Bois-d’Avril, Bélot, Orphélina, Anba Mòn Zonbi, Viard 1 et Viard 2 figurent parmi les zones citées par des habitants. Ces quartiers avaient été confrontés à l’insécurité et à la présence de groupes armés, contraignant plusieurs familles à abandonner leurs domiciles.
Entre soulagement et inquiétude chez les habitants
Dans les zones concernées, certains habitants disent constater une amélioration de la situation à la faveur des opérations policières. Pour plusieurs d’entre eux, la possibilité de circuler à nouveau dans certains secteurs constitue un signe encourageant.
Mais ce relatif soulagement reste accompagné de fortes inquiétudes. À Godet, un habitant estime que les opérations doivent être suivies d’une présence permanente des forces de sécurité. La crainte exprimée est de voir les groupes armés tenter de reprendre les positions abandonnées après le retrait des unités.
Même constat dans le secteur de Viard, où des habitants souhaitent que les opérations ne soient pas limitées à des interventions ponctuelles. Ils demandent notamment que les zones reprises bénéficient d’un dispositif sécuritaire permettant aux familles déplacées d’envisager un retour dans leurs quartiers.
À Bois-d’Avril, une résidente appelle également les autorités à ne pas perdre de vue les besoins de la population. Selon elle, la sécurisation des quartiers doit permettre aux familles déplacées de retrouver progressivement leurs maisons et de reprendre leurs activités.
La population demande l’appui des FAd’H et du GSF
Face à ces préoccupations, plusieurs habitants réclament l’intervention des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et du Groupe de soutien à la sécurité (GSF) pour renforcer et consolider les positions reprises par la PNH et la Task Force.
« Nous voulons que les zones récupérées restent sous contrôle des forces de sécurité. La population ne veut pas revivre la même situation », a expliqué un membre de la population, faisant écho aux préoccupations exprimées dans plusieurs secteurs.
Pour d’autres habitants, l’enjeu dépasse la seule reconquête territoriale. Ils souhaitent que les opérations permettent également de créer les conditions nécessaires au retour des familles déplacées et à la reprise progressive des activités économiques et sociales.
Une présence du GSF signalée, sans déploiement permanent
Une source locale affirme que des éléments du GSF auraient effectué une brève visite dans certaines zones récemment reprises. Toutefois, selon cette même source, cette présence n’aurait pas été maintenue dans la durée.
Cette information n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Dans ce contexte, des habitants insistent sur la nécessité d’une stratégie de consolidation. Ils redoutent qu’en l’absence d’une présence sécuritaire durable, les groupes armés puissent tenter de reprendre pied dans certains quartiers.
De la reconquête à la consolidation
Les opérations conduites par la PNH et la Task Force constituent ainsi, selon les habitants interrogés, une première étape. La prochaine difficulté sera de maintenir durablement le contrôle des zones reprises et de restaurer progressivement la présence de l’État.
Pour la population, la sécurisation doit désormais s’accompagner du retour des familles déplacées, de la réouverture des espaces d’activités et d’une amélioration des conditions de vie.
À Kenscoff, les regards sont donc tournés vers la capacité des autorités à transformer les avancées sécuritaires enregistrées ces dernières semaines en une situation durable, permettant aux habitants de retrouver leurs quartiers sans craindre un retour des groupes armés.
Jean Gilles Désinord
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