De nouveaux affrontements ont éclaté samedi 10 octobre entre les gangs Chen Mechan et de Terre Noire. Les violences se poursuivent jusqu’à ce lundi et paralysent les activités à Sarthe, à Aral, dans la rue Larco et dans plusieurs autres zones. Face aux tirs, des habitants fuient leurs quartiers pour se mettre à l’abri. Cette nouvelle flambée de violence rappelle l’urgence de réduire les marges de manœuvre des groupes armés et de protéger la population civile.
Plaine du cul-de- sac,le 12 octobre 2026-
Les habitants sont les premières victimes de ces affrontements. Pris au piège dans leurs quartiers, certains restent enfermés chez eux, tandis que les commerçants sont contraints de fermer leurs portes. Les activités économiques et sociales tournent au ralenti, voire s’arrêtent complètement dans les zones touchées. Au-delà des dégâts matériels, cette violence prive les familles de leurs revenus, restreint la liberté de circulation et renforce le sentiment d’insécurité.
La presse locale ne dispose pas encore d’un bilan précis des affrontements. L’absence d’une réponse sécuritaire efficace complique davantage les déplacements des habitants, contraints de se protéger au milieu des détonations d’armes automatiques. Dans ces conditions, chaque nouvelle confrontation expose davantage les civils aux risques de blessures, de pertes en vies humaines et de déplacements forcés.
Ces affrontements ne sont pas les premiers entre ces groupes armés. La lutte pour le contrôle et l’expansion des territoires se poursuit, tandis que le trafic d’armes et de munitions alimente l’insécurité. Malgré les résolutions adoptées par les Nations unies et les initiatives annoncées par les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Les déclarations et les engagements ne suffisent pas à protéger les habitants tant que les groupes armés conservent leur capacité de nuisance.
Réduire les marges de manœuvre des bandits est désormais un impératif. L’État doit renforcer les opérations de sécurité, lutter contre les circuits d’approvisionnement en armes et en munitions et rétablir la libre circulation dans les zones contrôlées ou menacées par les gangs. Toute stratégie doit également prévoir la protection des civils et l’accompagnement des familles contraintes de fuir leur domicile. Sans des mesures concrètes et durables, les populations continueront de payer le prix d’une violence qui détruit les activités économiques, fragilise le tissu social et compromet l’avenir du pays.
C’est dans ce contexte sécuritaire préoccupant que le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé envisage l’organisation des élections, alors qu’aucune nouvelle date n’a encore été fixée. La tenue d’un scrutin crédible exige pourtant un minimum de sécurité pour les électeurs, les candidats et les agents électoraux. Tant que les gangs pourront imposer leur loi dans plusieurs zones du pays, la perspective d’élections libres et inclusives restera confrontée à de sérieux obstacles. La lutte contre la violence armée ne constitue donc pas seulement une urgence sécuritaire : elle représente aussi une condition essentielle au rétablissement de la vie démocratique en Haïti.
LCI







