Disparition de soldats salvadoriens : où est la réaction d’Alix Didier Fils-Aimé ?

La disparition de quatre soldats salvadoriens de la Force de répression des gangs (FRG), après l’attaque de leur véhicule blindé à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, place le gouvernement haïtien devant ses responsabilités. Alors que ces militaires participent aux opérations contre les groupes armés, une question dérange : où est la réaction publique du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé face à un incident aussi grave ?

Le contraste est frappant. Le chef du gouvernement sollicite régulièrement l’appui de la communauté internationale pour renforcer les capacités de la FRG. Pourtant, lorsque des militaires étrangers sont portés disparus sur le territoire haïtien, la population attend des explications claires. Pourquoi la Primature ne communique-t-elle pas davantage sur les démarches entreprises ? Quelles dispositions ont été prises pour contribuer aux recherches et coordonner la réponse avec les responsables de la force internationale ?

Cette affaire révèle les limites d’une politique sécuritaire dont les résultats restent insuffisants face à l’emprise des gangs. Si les contingents internationaux eux-mêmes sont exposés à des attaques de cette ampleur, les autorités doivent s’interroger sur les failles du renseignement, la sécurisation des déplacements et la coordination opérationnelle. Les demandes de renforts ne peuvent éternellement servir de réponse aux difficultés rencontrées sur le terrain.

Alix Didier Fils-Aimé ne peut pas se contenter de réclamer davantage de moyens à l’étranger. Il doit également rendre compte des actions de son gouvernement. La transparence n’est pas une faveur accordée à la population, mais une exigence politique, particulièrement lorsque la sécurité nationale et la vie de militaires étrangers sont en jeu. L’absence de communication publique clairement identifiable ne prouve pas l’inaction, mais elle entretient légitimement les interrogations.

Au-delà du sort des quatre soldats, cette disparition constitue un test pour la crédibilité de l’État haïtien. Le Premier ministre doit sortir de l’ambiguïté, expliquer les démarches engagées et préciser les mesures envisagées pour éviter de nouveaux incidents. Haïti ne peut pas réclamer la solidarité internationale sans assumer pleinement ses responsabilités. Face à l’insécurité, les discours et les appels à l’aide ne suffisent plus : la population attend des réponses, des actes et des résultats.

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