Le gouvernement haïtien et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) prévoient de lancer, en novembre 2026, de nouvelles interventions dans le centre-ville de Port-au-Prince. Si les autorités annoncent des travaux de réhabilitation et une poursuite des opérations de sécurisation, la concrétisation de ces engagements reste un enjeu majeur dans une capitale où les annonces de relèvement doivent encore se traduire par des changements visibles pour la population.

PORT-AU-PRINCE, jeudi 29 octobre 2026 — Le gouvernement haïtien remet la réhabilitation du centre-ville de Port-au-Prince à l’ordre du jour. Jeudi, des responsables de l’État, des représentants du PNUD et des autorités municipales se sont réunis à la Direction départementale de l’Ouest, au Champ-de-Mars, pour discuter des prochaines interventions prévues dans cette partie de la capitale.
La rencontre, à laquelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a participé par visioconférence, a notamment porté sur le projet AVANSE. La secrétaire générale de la Présidence, Marie Elisabeth Régine Joseph Haddad, le représentant résident du PNUD en Haïti, Xavier Michon, et le maire de Port-au-Prince, Yves Andrel Salomon, figuraient parmi les participants.
Selon les informations communiquées lors des échanges, les travaux liés au projet devraient commencer en novembre 2026. Toutefois, les autorités n’ont pas détaillé, dans les informations disponibles, l’ensemble des interventions prévues ni les résultats concrets attendus à chaque étape.
La sécurité au cœur du projet
Pour justifier les perspectives de réhabilitation, le Premier ministre a évoqué les progrès enregistrés dans la sécurisation du Champ-de-Mars. Il a notamment mis en avant les opérations de la Police nationale d’Haïti (PNH), avec l’appui des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et des unités chargées de protéger le Palais national.
D’après le chef du gouvernement, ces opérations ont permis à la mairie d’entreprendre des travaux de nettoyage dans le secteur. Les autorités prévoient également de poursuivre les interventions visant à dégager et à sécuriser plusieurs axes stratégiques.
Par ailleurs, Alix Didier Fils-Aimé a présenté le projet AVANSE, soutenu par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), comme un dispositif complémentaire aux initiatives gouvernementales.
Des travaux sont aussi annoncés à proximité du Parlement à partir de janvier 2027, dans le cadre des préparatifs des prochaines échéances électorales.
Des engagements qui devront faire leurs preuves
Les nouvelles annonces interviennent alors que la réhabilitation du centre-ville reste étroitement liée à la capacité des autorités à maintenir la sécurité et à permettre la reprise durable des activités dans les zones concernées.
Ce n’est pas la première fois que les autorités annoncent des initiatives pour remettre en état des espaces publics et rétablir la présence de l’État dans la capitale. Cependant, entre les projets présentés lors des réunions officielles et leur réalisation effective, les résultats doivent pouvoir être constatés sur le terrain.
Le démarrage annoncé des travaux en novembre constitue donc une première échéance à surveiller. Il faudra notamment observer les rues effectivement concernées, l’avancement des interventions et les conditions dans lesquelles les habitants, les commerçants et les autres usagers pourront retrouver ces espaces.
La sécurisation de quelques secteurs et le nettoyage de certaines rues ne suffiront pas, à eux seuls, à démontrer une réhabilitation durable du centre-ville. Celle-ci suppose également des infrastructures fonctionnelles, des services publics accessibles et des conditions permettant aux activités économiques de reprendre.
Une visite de terrain, avant les résultats attendus
À l’issue de la réunion, les participants ont visité plusieurs rues de Port-au-Prince, notamment les rues Pavée, Saint-Honoré, de la Réunion et Oswald Durant. Cette démarche devait leur permettre d’évaluer la situation et d’examiner les possibilités d’intervention.
De son côté, la secrétaire générale de la Présidence a réaffirmé la volonté du Secrétariat général de coordonner les actions des institutions publiques, des collectivités territoriales et des acteurs de la société civile.
Reste à savoir dans quelle mesure cette coordination permettra de surmonter les obstacles qui freinent la réhabilitation du centre-ville. Le calendrier annoncé, les moyens mobilisés et l’exécution des travaux devront désormais être suivis de près.
Au-delà des réunions et des engagements officiels, les habitants attendent surtout des changements durables. Le lancement du projet AVANSE en novembre 2026, s’il se confirme, permettra de commencer à mesurer l’écart entre les promesses formulées et les réalisations effectives.
Moïse François
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