PORT-AU-PRINCE, 31 octobre 2026 – Le calendrier électoral publié par le Conseil électoral provisoire (CEP) suscite de nouvelles interrogations sur la conduite de la transition politique en Haïti. Entre les délais prolongés pour la validation des candidatures et la fermeture anticipée des inscriptions, plusieurs dispositions du document alimentent les critiques sur la gestion du processus électoral par le gouvernement de facto dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et l’organe électoral.

Pour les candidats à la présidence et aux élections législatives, le CEP fixe au 30 novembre 2026 la date limite de dépôt des candidatures, alors que la publication de la liste définitive est prévue pour le 12 janvier 2027. Plus de six semaines séparent ainsi ces deux étapes. Pour les collectivités territoriales, l’écart est encore plus important : les inscriptions prendront fin le 30 décembre 2026, tandis que la liste définitive ne sera publiée que le 27 février 2027.
Ces échéances soulèvent une question politique majeure : pourquoi imposer des délais aussi longs dans un contexte où le pays attend toujours des avancées concrètes vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel ? Alors que la transition est censée préparer le retour à la légitimité démocratique, le calendrier électoral donne lieu à des interrogations sur le rythme et les priorités des autorités.
Plus préoccupant encore, la clôture des inscriptions intervient près de dix mois avant le premier tour du scrutin. Une disposition qui pourrait écarter de la compétition des citoyens qui n’auront pas encore atteint l’âge légal requis au moment de leur inscription, mais qui rempliront cette condition avant la tenue des élections. Une situation qui pose un véritable problème d’équité et de respect des droits politiques.
Le CEP doit donc expliquer les raisons qui justifient une fermeture aussi anticipée des candidatures. À défaut d’une justification convaincante, cette disposition risque d’alimenter les soupçons d’exclusion et de fragiliser davantage la confiance dans le processus électoral.
Sur le plan politique, la question dépasse désormais la simple organisation technique des élections. Elle renvoie directement à la responsabilité du gouvernement de facto et du CEP dans la conduite de la transition. Peut-on prétendre préparer le retour à l’ordre démocratique tout en mettant en place un dispositif dont certaines échéances soulèvent déjà des contestations ?
Une révision du calendrier mérite d’être envisagée. Le CEP pourrait publier les grandes étapes du processus tout en rapprochant la période d’enregistrement des candidatures de la date du scrutin, afin de garantir une participation plus inclusive, dans le respect des dispositions légales.
Au fond, le problème est celui de la confiance. Après plusieurs mois de transition, les autorités ne peuvent se contenter d’annoncer des dates sans apporter de réponses aux préoccupations soulevées par leur calendrier. La tenue des élections ne doit pas devenir un argument permettant de prolonger indéfiniment une transition déjà confrontée à de nombreuses contestations.
Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé et le CEP sont désormais attendus sur des explications précises. Car un calendrier électoral ne constitue pas, à lui seul, une garantie de retour à la démocratie. Encore faut-il que les règles soient transparentes, équitables et conçues pour permettre une participation effective des citoyens.
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