Décodage Info, 16 janvier 2026
Depuis le début du mois de janvier, le quartier de Bel-Air et plusieurs zones adjacentes du centre de Port-au-Prince sont le théâtre d’opérations d’envergure menées par la Police nationale d’Haïti (PNH) contre des groupes armés qualifiés de terroristes par les autorités et certaines organisations locales.

Le bilan provisoire, dressé après quatorze jours d’interventions, fait état de 116 morts, dont 64 membres de groupes armés, selon des chiffres communiqués par l’ONG Konbit pour la Paix et le Développement (KPD).
Les opérations, conduites notamment à Bel-Air, à la rue Saint-Martin, à la Grand-Rue et à La Saline, visaient des quartiers généraux présumés de gangs lourdement armés.
D’après Fritznel Pierre, directeur exécutif de la KPD, 58 autres membres de ces groupes ont été blessés au cours des affrontements. L’ONG affirme également avoir recensé 52 civils tués et 26 blessés, des victimes qui auraient été, pour la plupart, atteintes par des balles perdues, utilisées comme boucliers humains ou touchées lors d’attaques impliquant des drones kamikazes.
Sur le terrain, les opérations ont donné lieu à de violents échanges de tirs, provoquant des scènes de panique parmi les habitants et des déplacements forcés de familles cherchant refuge hors des zones de combat. Les rues de Bel-Air, déjà fragilisées par des années d’insécurité chronique, portent les stigmates d’affrontements intenses, tandis que les services de secours peinent à accéder à certains périmètres.
Selon Fritznel Pierre, la dynamique sécuritaire serait en train de s’inverser.
« La peur a changé de camp », a-t-il déclaré, affirmant que plusieurs bandits auraient abandonné leurs repaires pour se replier vers d’autres quartiers, notamment Cité-Soleil, autre zone réputée pour l’emprise des groupes armés.
De son côté, la PNH n’a pas encore publié de bilan officiel détaillé, mais assure poursuivre ses opérations afin de démanteler durablement les réseaux criminels qui terrorisent la population de la capitale.
Toutefois, la multiplication des victimes civiles suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui appellent à une meilleure protection des populations et à la mise en place de mécanismes de reddition de comptes.
Alors que Port-au-Prince reste plongée dans une crise sécuritaire aiguë, ces opérations à Bel-Air illustrent à la fois la volonté de l’État de reprendre le contrôle de territoires perdus et les lourds coûts humains d’une lutte menée au cœur de zones densément peuplées.
La Rédaction
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