Haïti à l’approche du 7 février : le RANFOR appelle à un dialogue politique face aux incertitudes institutionnelles

Décodage Info, 17 janvier 2026

Le jeudi 15 janvier 2026, plusieurs partis et structures politiques se sont réunis à l’hôtel Ritz Kinam, à Pétion-Ville, pour discuter de l’avenir du pays à l’approche du 7 février 2026, date à laquelle le Conseil présidentiel de transition (CPT) est censé quitter le pouvoir, conformément à l’accord du 3 avril 2024.

À l’issue de cette rencontre, les participants ont annoncé la création du Rassemblement des Forces Organisées (RANFOR), une nouvelle plateforme politique se donnant pour mission de proposer des solutions consensuelles à la crise multidimensionnelle que traverse le pays en ce moment.

À cette occasion, le député Arodon Bien-Aimé, président du parti Entente Nationale (ENA), est intervenu au nom de la nouvelle structure. Il a présenté à la presse les principales propositions de sortie de crise du RANFOR, axées sur la recherche du consensus politique et la stabilisation institutionnelle.

Parmi ces propositions figure la création d’une commission nationale de médiation, destinée à faciliter le dialogue politique et à accompagner la transition. Selon le RANFOR, cette commission devrait être composée de cinq institutions clés : Religion pour la paix, le président de la Cour de cassation, le Protecteur du citoyen, le commandant en chef des Forces armées d’Haïti, ainsi que la Fédération des barreaux d’Haïti.

Dans une prise de position rendue publique le 11 janvier 2026, le RANFOR rappelle que le 7 février 2026 marque la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, sans qu’une alternative institutionnelle claire, consensuelle et légalement définie n’ait été annoncée à ce jour.

L’organisation estime que cette situation s’inscrit dans la continuité de la fragilisation des institutions, amorcée après l’assassinat du président Jovenel Moïse et prolongée par des mécanismes de transition jugés contestés.
Des incertitudes politiques persistantes

Selon le RANFOR, l’absence de perspectives claires concernant la gouvernance après le 7 février pourrait conduire à un vide institutionnel. Le regroupement évoque notamment une paralysie des institutions de l’État et l’absence d’un calendrier électoral crédible, des facteurs susceptibles d’aggraver davantage la crise politique et administrative.

Sur le plan sécuritaire, le RANFOR fait état de la présence continue de groupes armés contrôlant plusieurs zones du pays, de la persistance des enlèvements, des violences ciblées et des déplacements forcés de populations. L’organisation souligne également les limites opérationnelles des forces de sécurité, confrontées à un contexte particulièrement difficile.

Sur le plan économique et social, le regroupement mentionne le fonctionnement réduit de nombreux services publics, la baisse du pouvoir d’achat et l’aggravation de la précarité. La situation humanitaire demeure critique, notamment pour les personnes déplacées, vivant dans des sites d’hébergement temporaires avec un accès limité à l’assistance et aux services de base.

Appel à un dialogue politique inclusif

Face à ces constats, le RANFOR appelle à l’organisation, avant le 7 février, d’un dialogue politique inclusif réunissant les forces politiques, les organisations de la société civile, les syndicats, les acteurs économiques et les partenaires internationaux, dans le respect de la souveraineté nationale.

Selon l’organisation, ce dialogue devrait permettre de s’accorder notamment sur la mise en place d’un exécutif de transition composé d’un président et d’un Premier ministre, le rétablissement de l’autorité de l’État, le renforcement de la sécurité, le désarmement des groupes armés, l’organisation d’élections en 2026 ainsi que l’adoption d’un cadre de transition strictement limité dans le temps.

Le RANFOR affirme par ailleurs s’opposer à toute prolongation du mandat du CPT ou à l’instauration d’un pouvoir non consensuel. À défaut d’un accord politique rapide, avertit le regroupement, Haïti pourrait entrer dans une nouvelle phase d’incertitude institutionnelle à partir du 8 février 2026.

La Rédaction

DÉCODAGE lNFO

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