Le RNDDH remet en cause quatre avis de recherche de la DCPJ

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) émet de vives contestations contre quatre avis de recherche récemment émis par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Les personnes concernées , Arnel Belizaire, Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Édouard Julcene , sont accusées de faits lourds, notamment financement du terrorisme, atteinte à la sûreté de l’État, blanchiment de capitaux et trafic d’armes.

Décodage Info, 8 février 2026.

Dans un communiqué rendu public ce samedi, l’organisation de défense des droits humains met sérieusement en doute la solidité et la légitimité de certaines de ces accusations. Le RNDDH estime notamment que l’avis de recherche visant Arnel Belizaire relève d’une « mise en scène ». Selon l’organisme, l’intéressé, présenté comme proche de la coalition armée Viv Ansanm, entretiendrait des relations notoires avec le directeur de la DCPJ, le commissaire divisionnaire Justin Marc. Le RNDDH affirme qu’Arnel Belizaire fréquenterait régulièrement les locaux de la DCPJ depuis septembre 2025, un fait jugé incompatible avec le statut de personne en cavale.

Concernant Ralph Youri Chevry, maire de Port-au-Prince, Smith Joseph, ancien membre du cabinet de l’ex-conseiller-président Fritz Alphonse Jean, et Édouard Julcene, ex-directeur général des Douanes, l’organisation dénonce des mesures arbitraires et dépourvues de base légale. Elle indique notamment que les perquisitions menées au domicile de Ralph Youri Chevry auraient été effectuées sans notification préalable ni indication claire des motifs.

Le RNDDH souligne également que les trois concernés n’auraient jamais été officiellement convoqués par la DCPJ ni fait l’objet de mandats d’amener, comme l’exige pourtant le Code d’instruction criminelle haïtien.

Sur le plan financier, l’organisme se montre tout aussi sceptique. Il affirme qu’aucun des noms cités ne figure dans les rapports de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) ni dans ceux de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), ce qui, selon lui, fragilise davantage la crédibilité des accusations avancées.

Pour le RNDDH, cette situation contribue à entretenir la confusion au sein de l’opinion publique et à affaiblir la confiance déjà précaire envers les institutions chargées de faire respecter la loi. Rappelant les principes fondamentaux de l’État de droit, l’organisation insiste sur le respect de la présomption d’innocence et des garanties procédurales prévues par la Constitution haïtienne ainsi que par les conventions internationales ratifiées par Haïti.

Estimant que les conditions légales requises pour l’émission d’avis de recherche ne sont pas réunies, le RNDDH condamne le caractère qu’il juge illégal de ces mesures, appelle à leur suspension immédiate et exhorte la DCPJ à agir dans le strict respect des normes juridiques en vigueur.

La Rédaction

DÉCODAGE lNFO

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