Le débat autour du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections continue d’alimenter les discussions dans le paysage politique haïtien. Dans une note rendue publique ce mardi 24 février 2026, Alliance pour la Renaissance d’Haïti (ARH) formule de vives critiques contre le document, estimant qu’il comporte des insuffisances majeures susceptibles de fragiliser davantage la transition en cours.Décidage Info, le 24 février 2026.

Tout en réaffirmant son engagement en faveur du rétablissement de l’ordre constitutionnel et de la stabilité institutionnelle, la formation politique dirigée par Fritz Sanon déplore le manque de clarté entourant la représentativité des signataires du Pacte.
Selon l’ARH, une transition crédible doit s’appuyer sur une base inclusive et transparente. Le parti plaide pour l’intégration des organisations politiques non compromises, de la société civile indépendante, des collectivités territoriales ainsi que de la diaspora haïtienne.
Sans cette ouverture, le Pacte risquerait, d’après ses responsables, d’être perçu comme un compromis circonstanciel plutôt qu’un véritable accord national.L’ARH s’alarme également de l’architecture institutionnelle proposée. L’article 2 du Pacte attribuerait l’exercice du pouvoir au Conseil des ministres dirigé par le Premier ministre, sans contrepoids clairement défini. Le Comité consultatif évoqué dans le texte ne disposerait d’aucun pouvoir décisionnel effectif, tandis que les sanctions prévues relèveraient de l’appréciation de l’exécutif lui-même.
Pour le parti, cette configuration crée un déséquilibre institutionnel préoccupant. Il appelle ainsi à la mise en place d’un organe de contrôle véritablement indépendant, capable d’assurer un encadrement strict des décisions prises durant la période transitoire.Autre point de friction : la durée du processus. Le Pacte prévoit que le Conseil des ministres exercera ses fonctions jusqu’à la tenue des prochaines élections, sans fixer de date limite. L’ARH considère cette absence de borne temporelle comme une faille majeure pouvant favoriser une prolongation indéfinie de la transition.
La formation politique propose un calendrier clair : une période transitoire ne dépassant pas douze mois, avec l’organisation d’élections dans un délai maximal de neuf mois et la publication d’un calendrier électoral définitif et irrévocable.Sur le plan sécuritaire, le Pacte évoque un appui international aux autorités haïtiennes. Si l’ARH reconnaît la gravité de la crise sécuritaire, elle insiste sur la primauté des forces nationales dans la gestion de la sécurité publique.
Toute coopération extérieure devrait, selon elle, être strictement encadrée, transparente et limitée dans le temps afin de préserver la souveraineté du pays.Le parti met également en garde contre toute tentative de modification de la Constitution durant la transition.
Pour l’ARH, une réforme de la loi fondamentale doit résulter d’un large débat national et être conduite par des institutions élues et pleinement légitimes. Entreprendre de tels changements dans un contexte d’instabilité politique et sécuritaire serait inapproprié et potentiellement déstabilisateur.Enfin, l’ARH regrette l’absence de dispositions explicites garantissant la transparence dans la gestion des finances publiques.
Le Pacte ne prévoirait aucune obligation formelle de publication des contrats engageant les ressources nationales ni de mécanisme d’audit indépendant des engagements pris durant la transition. Le parti réclame que tout acte susceptible d’engager l’État sur le long terme fasse l’objet d’une publication systématique et d’un contrôle externe indépendant.
À travers cette position, l’Alliance pour la Renaissance d’Haïti entend peser dans le débat national et rappeler que la stabilité ne saurait reposer sur des ambiguïtés institutionnelles. Dans un climat marqué par l’incertitude politique et une insécurité persistante, les modalités de la transition apparaissent plus que jamais déterminantes pour l’avenir du pays.
La Rédaction
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