
À peine installées dans leurs fonctions, deux femmes ministres du nouveau gouvernement, Sandra Paulemon et Stephanie Smith, se retrouvent déjà au cœur d’attaques virulentes, particulièrement sur les réseaux sociaux. Les critiques qui les visent dépassent parfois le cadre du débat politique pour glisser vers des propos hostiles, soulevant des interrogations sur la place accordée aux femmes dans la sphère publique en Haïti.Dans un environnement politique déjà tendu, leur nomination aurait pu être l’occasion d’évaluer leurs profils et leurs projets.
Pourtant, une partie des réactions observées en ligne semble davantage nourrie par des jugements précipités que par une analyse objective de leurs capacités ou de leurs orientations politiques. Cette tendance à condamner avant même que les ministres n’aient posé leurs premiers actes traduit une culture politique où l’émotion et la polémique prennent souvent le pas sur l’évaluation des résultats.
Cela ne signifie pas pour autant que les nouvelles titulaires des ministères de la Planification et du Tourisme doivent être exemptées de critiques. Comme tout responsable public, Sandra Paulemon et Stephanie Smith devront faire face à une exigence légitime de performance, surtout dans un contexte national marqué par de profondes crises institutionnelles, économiques et sécuritaires.
Les attentes sont élevées et la marge d’erreur demeure limitée.La véritable question est donc de savoir si le débat public saura dépasser les attaques personnelles pour se concentrer sur l’essentiel : les politiques publiques et les résultats concrets. Les deux ministres auront sans doute à prouver leur capacité à transformer leurs compétences en actions mesurables.
Si elles y parviennent, elles pourront non seulement faire taire une partie des critiques, mais aussi démontrer que la compétence doit primer sur les préjugés.Dans un pays où la participation des femmes aux plus hautes responsabilités reste encore limitée, la manière dont ces deux ministres seront jugées constituera également un test pour la maturité du débat public. Avant de condamner ou d’encenser, il reste sans doute une étape essentielle, laisser le temps aux faits de parler.






