Décodage Info, 1 avril 2026 – Le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé a reçu mardi une délégation des Nations Unies, conduite par Atul Khare, pour préparer le déploiement du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti et la mise en place de la Force de Répression des Gangs (FRG). Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité, qui vise officiellement à renforcer la sécurité dans le pays.

Lors de cette rencontre, les discussions ont porté sur la logistique, la coordination institutionnelle et la mobilisation des autorités haïtiennes, ainsi que sur le respect de la souveraineté nationale dans la mise en œuvre des opérations.
Une solution ponctuelle face à l’incapacité étatique
Si le gouvernement met en avant cette coopération internationale comme un signe de proactivité, la réalité demeure préoccupante. L’appel à une force internationale révèle l’incapacité persistante de l’État haïtien à contrôler ses propres territoires et à protéger ses citoyens. Les gangs continuent d’imposer leur loi, et les communautés restent démunies face à la violence.
La question de la durabilité de la FRG reste entière
Sans réformes institutionnelles profondes, sans renforcement réel des capacités locales et sans programmes sociaux pour soutenir les quartiers vulnérables, ce dispositif pourrait n’être qu’une solution temporaire, risquant de reproduire les échecs passés des interventions extérieures.
Une mobilisation symbolique mais insuffisante
L’engagement affiché par le Premier Ministre et la délégation onusienne en termes de coordination et de logistique est positif sur le papier. Mais sur le terrain, les habitants des zones les plus touchées par la violence attendent des mesures concrètes, tangibles et pérennes. La question de la sécurité en Haïti dépasse largement le cadre militaire : elle touche à la gouvernance, à l’économie et à la cohésion sociale, domaines où l’État reste profondément fragilisé.
Moïse François
Décodage Info







