La ministre de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Pailemon, a porté la voix d’Haïti sur la scène internationale, le lundi 20 avril 2026, lors du Forum sur le financement du développement organisé par le Conseil économique et social des Nations unies, au siège des Nations Unies à New York.

S’exprimant au nom du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la ministre a réaffirmé l’alignement d’Haïti avec les positions de la CARICOM ainsi que du Groupe des 77 et de la Chine, soulignant la nécessité d’une solidarité renforcée envers les pays confrontés à de profondes vulnérabilités.
Dans son intervention, Sandra Pailemon a dressé un constat alarmant de la situation nationale. Elle a rappelé que 5,7 millions d’Haïtiens sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire, dont 1,9 million à des niveaux d’urgence. « Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ils disent, avec force, une vérité que cette assemblée ne peut ignorer », a-t-elle déclaré devant les délégations.
Face à cette réalité, la ministre a défendu une vision du financement du développement comme un véritable levier de transformation.
Elle a insisté sur la nécessité d’adapter les mécanismes internationaux aux contextes de fragilité extrême, afin de garantir des résultats concrets pour les populations. Pour Haïti, ces résultats passent notamment par un renforcement de la sécurité, une meilleure protection des plus vulnérables et une plus grande cohérence dans l’action internationale.
Plaidant pour une réforme de la gouvernance économique mondiale, Sandra Pailemon a dénoncé un déséquilibre persistant : les pays du Sud, et en particulier ceux en situation de crise, demeurent les plus exposés aux chocs tout en étant marginalisés dans les processus décisionnels.
Dans un message ferme, la ministre a tenu à préciser que la démarche d’Haïti ne relève pas d’une demande d’assistance passive. « Haïti ne sollicite pas de compassion », a-t-elle affirmé, mais revendique une coopération capable de soutenir durablement la reconstruction et de renforcer la résilience nationale.
En conclusion, elle a lancé un appel à la communauté internationale pour un engagement plus déterminé aux côtés d’Haïti. Selon elle, la crise actuelle peut être transformée en opportunité de relèvement, à condition d’une action collective fondée sur la justice, la responsabilité et l’efficacité.
Moïse François
Décodage Info







