La Plaine du Cul-de-Sac s’enfonce dans une nouvelle spirale de violences. Depuis plusieurs jours, de violents affrontements opposent des groupes armés rivaux dans cette vaste zone située au nord de Port-au-Prince, provoquant des déplacements massifs de population et aggravant une situation humanitaire déjà critique.

Selon les dernières données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 4 994 personnes, soit 1 191 ménages, ont été contraintes de fuir entre le 18 et le 21 avril 2026, principalement dans les communes de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets.
Des localités comme Duvivier, Marin, Fuji, Blancha, Terre Noire et Sarthe figurent parmi les zones les plus touchées.
Pris au piège des échanges de tirs, de nombreux habitants affirment vivre retranchés chez eux, tandis que d’autres tentent de s’échapper en empruntant des passages boisés ou des routes secondaires devenues les seuls corridors de fuite.
La crise humanitaire prend de l’ampleur. Plus de la moitié des déplacés, soit 52 %, ont trouvé refuge auprès de proches ou de familles d’accueil, tandis que près de 48 % se sont installés dans sept sites d’hébergement, dont six créés récemment pour répondre à l’urgence.
Sur le terrain, les affrontements s’étendent à plusieurs foyers de tension, notamment à Jammeau, Fourgy, Dorigol, Lerebours, Sibert, Village La Renaissance, Les Orangers ou Madelaine. À Cité Soleil, des secteurs comme Terre Noire-Blanchard, Sarthe et le Village des Rapatriés restent également sous pression.
Ces violences illustrent aussi les fractures internes de la coalition armée « Viv Ansanm ». D’anciens alliés se livrent désormais bataille.
Selon plusieurs témoignages recueillis dans la zone, des membres du groupe Chen Mechan, soutenus par des alliés de Canaan, affrontent des factions implantées à Duvivier et à Pyè 6, accentuant l’instabilité dans une région déjà fragilisée.
Cette nouvelle flambée rappelle la volatilité persistante du contrôle territorial exercé par les groupes armés, tandis que des milliers de familles se retrouvent une fois de plus déplacées, sans perspectives immédiates de retour.
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