La situation humanitaire en Haïti continue de se détériorer rapidement, dans un contexte marqué par l’intensification des violences armées et la multiplication des déplacements de population.

En seulement dix jours, plus de 13 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile dans plusieurs départements du pays, selon les données publiées le 24 avril 2026 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
La région métropolitaine de Port-au-Prince reste l’un des principaux foyers de tensions. Près de 4 994 personnes ont fui leurs quartiers à la suite de nouveaux affrontements armés signalés notamment entre Cité Soleil et Croix-des-Bouquets.
Ces zones, déjà touchées par des épisodes violents en mars 2026, connaissent une reprise des combats qui confirme la dégradation continue de la situation sécuritaire dans la capitale et ses environs.
La violence s’étend également vers d’autres régions du pays.
Dans le département du Sud-Est, 5 656 personnes ont quitté les localités de Kajak et Seguin, des zones qui accueillaient jusque-là des déplacés venus d’autres régions. Cette évolution témoigne de l’élargissement progressif de l’insécurité vers des espaces auparavant relativement épargnés.
Par ailleurs, 2 581 autres personnes ont été déplacées à la suite de nouveaux incidents armés, s’ajoutant aux mouvements déjà enregistrés ces dernières semaines, notamment dans l’Artibonite. La pression humanitaire s’accentue alors que les capacités d’accueil demeurent limitées dans plusieurs régions du pays, aggravant la vulnérabilité des populations touchées, en particulier les femmes et les enfants.
Selon les estimations disponibles, plus de 1,45 million de personnes vivent actuellement en situation de déplacement interne en Haïti. Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince uniquement, plus de 290 000 déplacés sont recensés, soit environ 20 % du total national.
Moïse François
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