Décodage Info, 22 janvier 2026
Face aux menaces répétées d’annexion du Groenland par les États-Unis sous l’impulsion de Donald Trump, ainsi qu’à l’imposition de taxes douanières à l’encontre de pays européens jugés divergents, des voix s’élèvent en Europe pour appeler au boycott de la Coupe du monde 2026.

Cette compétition doit être organisée en grande partie aux États-Unis, conjointement avec le Mexique et le Canada.
Les déclarations du locataire de la Maison-Blanche, notamment son désir affiché de s’approprier le territoire du Groenland et les sanctions économiques infligées à certains États européens opposés à sa politique, suscitent une vive inquiétude. Dans ce contexte, plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile estiment qu’un boycott du Mondial organisé aux États-Unis constituerait une réponse politique forte.
L’Allemagne sonne la sonnette d’alarme
Les députés allemands figurent parmi les premiers à évoquer ouvertement un boycott de la Coupe du monde de la FIFA, pour la seconde fois de l’histoire après celui de 1994. Plusieurs parlementaires, dont Roderich Kiesewetter et Jürgen Hardt, menacent d’une annulation du tournoi ou, à défaut, de la non-participation des équipes européennes à la phase finale prévue à l’été 2026, si Washington venait à mettre ses menaces à exécution.
De son côté, le quotidien Bild a réalisé un sondage auprès de près de 1 000 personnes sur cette question. Selon les résultats, 47 % des personnes interrogées se disent favorables à un boycott de la Coupe du monde, tandis que seulement 35 % approuvent la tenue de la 23ᵉ édition du Mondial aux États-Unis en cas d’annexion effective du Groenland par les Américains.
Mobilisation aux Pays-Bas
Aux Pays-Bas, le présentateur de télévision Teun van de Keuken a lancé une pétition appelant au boycott de la Coupe du monde de la FIFA 2026, en réaction à la politique migratoire menée par le président américain depuis son retour au pouvoir.
Dans le texte de présentation de cette pétition, qui a déjà recueilli plus de 100 000 signatures, on peut lire :
« Nous ne voulons pas que nos footballeurs apportent un soutien implicite à la stratégie de terreur violente mise en œuvre par le président Donald Trump contre des migrants innocents en participant à ce tournoi. […] Nous rejetons également l’ingérence militaire agressive des États-Unis et considérons qu’il est insoutenable que nos joueurs participent à un tournoi organisé par un président qui menace d’envahir et d’occuper le Groenland, ce qui détruirait l’OTAN et mettrait en péril la paix mondiale. »
Une FIFA attentiste
Déjà critiquée lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, objet d’appels au boycott pour des raisons écologiques et sociales restés sans effet, la FIFA fait face, quatre ans plus tard, à de nouveaux défis dans l’organisation de l’événement sportif le plus populaire de la planète.
Les tensions géopolitiques actuelles
les menaces répétées à l’encontre du Mexique et du Canada , coorganisateurs du Mondial ,, les sanctions imposées à plusieurs pays et les traitements infligés aux migrants, dont de nombreux ressortissants haïtiens, accentuent le malaise autour de cette édition 2026.
Selon le journal The Independent, de hauts responsables du monde du football estiment que le président de la FIFA « espère simplement que la situation finira par se calmer, comme c’est souvent le cas avec les crises provoquées par Trump ». Le quotidien met toutefois en garde : « Si un incident survient, Infantino sera confronté à la plus grave crise de l’histoire de la FIFA. La Coupe du monde la plus lucrative de tous les temps pourrait bien devenir la plus désastreuse. »
À titre de rappel, le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, avait décerné en décembre 2025, lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026 à Washington, le tout premier « Prix de la Paix de la FIFA » au président américain Donald Trump, saluant alors, selon ses propos, son « travail remarquable pour la paix ».
La Rédaction
DÉCODAGE lNFO







