L’ancien député haïtien Arnel Bélizaire revient au centre de l’actualité avec une déclaration fracassante qui suscite de vives réactions. Quelques jours après la publication d’un avis de recherche le visant, il a adopté un ton ouvertement provocateur :« Je n’accepterai rien ni de personne… J’entends qu’on parle de Ti Lapli, de Babekyou. Je préfère devenir un “Ti Lapli”, un “Babekyou”, plutôt que de me laisser arrêter et humilier. J’ai fait mon choix. »

Décodage Info, lundi 23 février 2026
Des propos qui, dans le climat sécuritaire et politique actuel d’Haïti, résonnent comme un défi direct aux autorités.L’ex-parlementaire n’en est pas à sa première controverse.
En septembre 2025, il a été sanctionné par le Département d’État des États-Unis pour des « actes déstabilisateurs contre les institutions démocratiques haïtiennes » ainsi que pour des soupçons de corruption significative.Ces sanctions, prises également contre l’ancien sénateur Antonio Chéramy, restreignent fortement l’accès de Bélizaire et de sa famille au territoire américain.Sur le plan national, son nom a déjà été associé à plusieurs démêlés judiciaires. En avril 2025, il avait été interpellé à Jacmel à la suite d’une altercation violente avec une commerçante. L’affaire n’a toutefois pas connu d’issue judiciaire clairement établie.
Quelques semaines plus tard, il a été incarcéré à la prison civile de Jacmel dans le cadre d’un litige l’opposant à une entrepreneure.Le jeudi 5 février 2026, un nouveau cap a été franchi : la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a diffusé un avis de recherche à son encontre. Les accusations évoquées sont lourdes : financement du terrorisme et association de malfaiteurs.
Toutefois, certaines organisations de défense des droits humains et plusieurs observateurs estiment que ces poursuites pourraient être politiquement motivées ou insuffisamment étayées, dans un contexte où la justice haïtienne est elle-même sous pression.Plutôt que de répondre point par point aux accusations ou d’exprimer une volonté de se défendre devant les tribunaux, Arnel Bélizaire choisit la posture du défi.
En invoquant les figures controversées de « Ti Lapli » et « Babekyou » — références à des chefs de gangs notoires — il envoie un message qui peut être interprété comme une radicalisation de son discours.Cette sortie alimente un débat déjà vif au sein de l’opinion publique : s’agit-il d’un homme politique persécuté pour ses positions ou d’un acteur refusant d’assumer les conséquences de ses actes ?
Dans un pays où la demande de transparence et de reddition de comptes se fait de plus en plus pressante, cette déclaration risque de renforcer les critiques envers ceux qui, malgré des accusations sérieuses et des sanctions internationales, continuent d’adopter une ligne de confrontation plutôt que d’apaisement.Une chose est certaine : Arnel Bélizaire ne laisse personne indifférent, et son choix assumé de la provocation relance un débat crucial sur la responsabilité politique et l’autorité de l’État en Haïti.
La Rédaction
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