Décodage Info, 2 avril 2026 – Les Forces armées d’Haïti ont placé le pays en alerte maximale
« Condition D », ordonnant le rappel immédiat de toutes les troupes et la suspension des congés et permissions.

Selon le mémorandum du Grand Quartier Général, ces mesures visent à répondre à la dégradation sécuritaire persistante.
Mais cette alerte, bien que spectaculaire sur le papier, arrive après des années d’abandon sécuritaire et d’inaction de l’État.
Dans l’Artibonite, les gangs « Gran Grif » et « Kokorat San Ras » continuent leurs attaques meurtrières : un récent massacre y a fait plus de 70 morts, laissant la population dans la terreur. À Mirebalais, des groupes armés contrôlent toujours certaines routes, limitant la circulation et exposant les habitants à des violences quotidiennes.
Le Haut Commandement annonce des opérations militaires imminentes, sans en détailler la nature ni la stratégie.
Les militaires doivent rejoindre leurs casernes avant 8 heures, vérifier leurs équipements et assurer une autonomie logistique de 30 jours. Si ces mesures montrent une volonté de réagir, elles ne suffisent pas à masquer le vide stratégique de l’État, incapable depuis des années de sécuriser ses propres citoyens.
Dans ce contexte, la population paie le prix fort : la peur et l’impuissance sont devenues des compagnons quotidiens.
Pendant ce temps, les autorités se contentent d’ordres militaires symboliques, laissant planer un doute sur l’efficacité réelle de cette intervention.
Cette alerte maximale reflète moins une maîtrise de la situation que la pression croissante sur un État spectateur, incapable de protéger sa population face à la montée de la violence armée.
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