Une délégation de l’Association des États de la Caraïbe (AEC) est en visite en Haïti du 9 au 11 avril 2026, avec dans ses valises un nouveau plan d’action censé répondre à la crise humanitaire et aux défis de développement du pays. Mais derrière les discours diplomatiques bien rodés, une question persiste : combien de plans similaires ont déjà été annoncés sans résultats concrets ?

Réunis à la Chancellerie, la ministre des Affaires étrangères Raina Forbin et plusieurs membres du gouvernement, dont Patrick Pélissier et Sinal Bertrand, ont échangé avec la secrétaire générale de l’AEC, Noemi Espinoza Madrid.
Au menu : sécurité alimentaire, accès humanitaire, protection des plus vulnérables et financement d’urgence un catalogue de priorités qui, s’il est pertinent, n’a rien de nouveau dans le contexte haïtien.
Car le problème n’est plus tant l’identification des urgences que la capacité réelle à agir. Depuis des années, Haïti accumule les initiatives internationales, souvent accompagnées de promesses ambitieuses, mais rarement suivies d’effets durables sur le terrain.
Les populations, elles, continuent de faire face à l’insécurité, à la faim et à l’effondrement des services de base.
L’AEC parle désormais de transition vers un développement durable . Une formule séduisante, mais qui sonne creux tant que les conditions minimales de sécurité et de gouvernance ne sont pas réunies. Sans mécanismes clairs de mise en œuvre, ni engagement contraignant des partenaires, ce plan risque de rejoindre la longue liste des projets restés lettre morte.
Dans un pays où l’urgence est quotidienne, les Haïtiens n’attendent plus des déclarations d’intention, mais des actions mesurables. La visite de l’AEC, aussi symbolique soit-elle, devra rapidement prouver qu’elle peut dépasser le stade des promesses diplomatiques.
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