L’arrêt de la Cour d’appel de Port-au-Prince innocentant l’ancien directeur général de l’Administration générale des Douanes, Romel Bell, provoque de nouvelles interrogations sur la lutte contre la corruption en Haïti.

Alors que plusieurs éléments avaient alimenté les soupçons contre l’ex-responsable public, notamment des conclusions de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) évoquant une hausse de patrimoine estimée à près de 749 % par rapport à ses revenus déclarés, la justice a finalement prononcé sa mise hors de cause.
Le dossier avait conduit au gel d’avoirs financiers attribués à Romel Bell et à son épouse Anna Dorvil, tandis que son nom avait également été mentionné dans des rapports des United Nations concernant des faits présumés de corruption.
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte déjà marqué par des controverses entourant la Cour d’appel de Port-au-Prince. La juridiction avait récemment rendu des décisions favorables aux anciens sénateurs Youri Latortue et Joseph Lambert, eux aussi visés dans des dossiers sensibles.
Ces deux figures politiques ont pourtant été sanctionnées par les gouvernements des United States et du Canada pour corruption grave et liens présumés avec des groupes armés criminels.
L’enchaînement de ces décisions alimente les critiques de ceux qui dénoncent une justice trop souvent perçue comme indulgente envers des personnalités influentes. Au-delà du cas Romel Bell, c’est la question de la crédibilité des institutions judiciaires et de l’effectivité de la lutte anticorruption qui revient au centre du débat.
Pour de nombreux observateurs, ces verdicts ravivent surtout les inquiétudes sur la persistance de l’impunité dans un pays où corruption, pouvoir politique et insécurité restent étroitement liés.
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