Entre décembre 2025 et février 2026, la lutte contre les groupes armés en Haïti a franchi un nouveau cap. Selon un récent rapport de l’Organisation des Nations unies, plus de 1 300 personnes présentées comme des suspects ont été tuées lors d’opérations menées par la Police nationale d’Haïti, appuyée par les Forces armées et des unités spécialisées dans plusieurs quartiers de la capitale.

Ces interventions s’inscrivent dans une stratégie de reprise de contrôle territorial face à une insécurité devenue chronique. Les autorités haïtiennes affirment agir pour démanteler les réseaux criminels responsables d’enlèvements, d’assassinats et de trafics en tout genre.
Mais ce durcissement des opérations s’accompagne d’une hausse préoccupante des violences. Le rapport souligne également que des civils ont été touchés : au moins 158 personnes ont été tuées et 108 autres blessées au cours de cette période. Des chiffres qui illustrent le coût humain élevé de ces affrontements, souvent menés dans des zones densément peuplées.
L’Organisation des Nations unies appelle à une vigilance accrue quant au respect des droits humains dans la conduite des opérations sécuritaires. Elle insiste sur la nécessité de distinguer clairement les cibles criminelles des populations civiles, dans un contexte où les lignes restent parfois floues sur le terrain.
Parallèlement, des organisations de défense des droits humains expriment leurs inquiétudes face à des allégations d’exécutions extrajudiciaires et à l’absence de mécanismes de reddition de comptes efficaces. Elles plaident pour des enquêtes indépendantes afin de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles ces opérations sont menées.
Malgré ces critiques, les autorités haïtiennes maintiennent que la fermeté reste indispensable pour restaurer l’ordre public. Toutefois, de nombreux observateurs estiment qu’une réponse strictement sécuritaire ne suffira pas à résoudre une crise enracinée dans la pauvreté, l’instabilité politique et le manque d’opportunités économiques.
Dans un pays où l’insécurité paralyse la vie quotidienne et freine toute perspective de développement, la question demeure : comment rétablir durablement la sécurité sans aggraver davantage le bilan humain ?
Myrline Désir
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