Au ministère de l’Intérieur, une décision récente suscite incompréhension et indignation. Sans communication claire ni preuve publique, le ministre Paul Antoine Bien-Aimé a choisi d’écarter plusieurs employés de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), arrêtés dans le cadre du dossier de deux passeports supposément produits en dehors des normes.

Dans une note officielle, le ministère ordonne la reprise du travail pour l’ensemble des agents de la DIE, à l’exception de ceux impliqués dans cette affaire.
Cette mise à l’écart ciblée, en l’absence de preuves publiques, ressemble davantage à une sanction administrative anticipée qu’à une mesure conservatoire fondée sur des éléments concrets.
Le contraste avec d’autres dossiers est frappant.
En 2025, un rapport accablant de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) dénonçait des cas de corruption au sein de la même institution. Pourtant, aucune décision similaire n’avait été prise à l’époque. Deux poids, deux mesures ? La question mérite d’être posée.
Selon la radio Métronome, le parquet de Port-au-Prince indique que c’est le ministre lui-même qui aurait demandé le transfert des deux passeports à la justice, invoquant leur non-conformité.
Cette démarche soulève une interrogation fondamentale : pourquoi initier une procédure judiciaire tout en court-circuitant ses conclusions préliminaires ?
Une telle décision alimente les inquiétudes quant au respect des principes de l’État de droit.
En reléguant la présomption d’innocence au second plan, le ministère de l’Intérieur donne l’impression que les mesures administratives peuvent primer sur les conclusions des instances d’enquête, ce qui risque, à terme, d’affaiblir la crédibilité des institutions publiques et d’accroître la méfiance de la population.
Djeff Leurbours
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