La Cour d’appel de Port-au-Prince a rendu, le 1er avril 2026, une décision qui provoque une onde de choc en blanchissant les anciens sénateurs Joseph Lambert et Youri Latortue dans le cadre du dossier instruit par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).

Alors que les accusations portaient sur des faits graves liés à la corruption, la juridiction a estimé que les éléments du dossier ne suffisaient pas pour justifier des poursuites. Une décision qui passe mal dans un contexte où la population réclame justice face à la montée de l’impunité et de l’insécurité.
Ce verdict est d’autant plus controversé que les deux anciens parlementaires sont sous le coup de sanctions internationales imposées par plusieurs pays étrangers pour des faits présumés de corruption et de financement de groupes armés.
Un contraste frappant avec la position de la justice haïtienne, qui choisit ici de les mettre hors de cause.
Le cas de Youri Latortue cristallise particulièrement les tensions.
Son nom est régulièrement cité dans des accusations le liant à la création du gang « Kokorat San Ras », aujourd’hui l’un des groupes armés les plus redoutés du département de l’Artibonite. Ce gang est accusé de multiples exactions : assassinats, viols, enlèvements et attaques répétées contre des populations civiles déjà vulnérables.
Dans ce contexte explosif, la décision de la Cour d’appel apparaît pour beaucoup comme un signal inquiétant, renforçant le sentiment d’un système judiciaire déconnecté de la réalité du pays et incapable de répondre aux exigences de transparence et de redevabilité.
Alors que les gangs continuent d’imposer leur loi dans plusieurs régions, cette décision risque de nourrir davantage la méfiance de la population envers les institutions judiciaires et d’alimenter le sentiment d’impunité qui fragilise profondément l’État de droit en Haïti.
DÉCODAGE lNFO







